Serge Garant et le genre mélodique : stylistique d’une première maturité

Vendredi 6 janvier 2017, 16h15
Wirth (New Music) Building, McGill University, A-832

527, rue Sherbrooke Ouest
Entrée libre

Mercredi 2 novembre 2016, 19h
Centre de musique canadienne au Québec
1085, Côte du Beaver Hall, suite 200
Entrée libre


Entre 1951 et 1956, Serge Garant (1929-1986) a composé treize pièces pour voix et piano, et à une exception près, ces titres constituent l’entièreté de sa production dans le genre mélodique.[1] Son recours récurrent au texte pourrait s’expliquer par le fait qu’au cours de ces années charnières, il aurait notamment été à la recherche de cadres structurels à l’intérieur desquels développer un langage personnel.

La littérature consacrée à Garant fait correspondre le début de sa maturité à l’écriture des Caprices (1954) [2], sa « première œuvre sérielle »[3], et ces écrits contribuent à renforcer l’idée voulant que le style[4] de Garant soit caractérisé par son emploi du sérialisme. Cette communication démontrera pour sa part que certains traits stylistiques des Caprices se rencontrent en fait dans des mélodies composées dès 1951, certaines étant sérielles, d’autres simplement atonales. Au cours de la présentation, les analyses de quatre mélodies représentatives dégageront les approches compositionnelles communes aux deux idiomes, et illustreront qu’en dépit du langage, les manipulations pratiquées sur différents paramètres demeurent essentiellement similaires. Grâce à ces analyses, on constatera que dès 1951, Garant n’a travaillé qu’avec un nombre restreint de structures d’intervalles, et qu’un intérêt pour les formes combinant harmonie et vecteurs rythmiques s’est dégagé de plus en plus clairement de ses œuvres à partir de ce moment.

Puisque Garant a alterné entre sérialisme et atonalité libre plutôt que d’adhérer strictement à un seul langage, et compte tenu de la nature transversale des stratégies identifiées, il sera finalement possible de nuancer l’adéquation qu’on a par le passé cherché à établir entre sa maturité et son adhésion au sérialisme.

[1] Ces pièces sont les Trois tableaux sonores (1951), Concerts sur Terre I-II (1951), Et je prierai ta grâce (1952), Caprices (1954) et Concerts sur Terre III-V (1956). La mélodie Cage d’oiseau fut composée en 1962.

[2] Marie-Thérèse Lefebvre. Serge Garant et la révolution musicale au Québec. Montréal, Louise Courteau, 1986 ; Serge Provost, « L’œuvre de Serge Garant, ou la musique de la sensibilité secrète », Circuit, vol. 7, n° 2, « Serge Garant », 1996, p. 15-21.

[3] Lefebvre, 1986, p. 47.

[4] Je prends pour point de départ les théories sur le style développées par Leonard Meyer dans son ouvrage Style and Music : Theory, History, and Ideology, (Philadelphie, Presses de l’Université de Pennsylvanie, 1989).

Le texte de cette communication a obtenu le prix SOCAN/MusCan pour la recherche en musique canadienne (texte en français), décerné à l’occasion du congrès 2016 de la Société de musique des universités canadiennes.


Conférence présentée par Paul Bazin, doctorant en musicologie

P1020656Paul Bazin poursuit actuellement des études doctorales à l’Université McGill, où il consacre ses recherches à la musique microtonale du compositeur Bruce Mather et à l’héritage musical d’Ivan Wyschnegradsky. Il est détenteur d’un baccalauréat en chant classique de l’Université de Sherbrooke (2010) ainsi que d’une maîtrise en musicologie de l’Université de Montréal (2013), dans le cadre de laquelle il s’est consacré à l’analyse des mélodies de Serge Garant. Boursier de Bibliothèques et Archives nationales du Québec (BAnQ), de l’Observatoire interdisciplinaire de recherche et de création en musique (OICRM), de l’Université McGill et du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), Paul Bazin a consacré divers textes (revues Circuit et Intersections) et conférences (OICRM, SQRM, SMUC) à la musique des compositeurs québécois de l’après-guerre, en plus de collaborations régulières avec le Centre de musique canadienne au Québec. Au printemps 2016, ses recherches sur Serge Garant lui ont aussi valu le Prix Fondation SOCAN/MusCan pour la recherche sur la musique canadienne. Outre ses activités musicologiques, Paul Bazin est chanteur au sein de l’Ensemble Kô, ensemble vocal montréalais avec lequel il a participé à l’enregistrement de deux albums consacrés aux musiques ancienne et contemporaine, ainsi qu’à la création mondiale de l’opéra The Trials of Patricia Isasa (2016) de la compositrice Kristin Norderval.


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