Psychologie de la musique

La recherche Choraute : chanter pour mieux vieillir ?
Louise Drouin, coordonnatrice, projet de recherche « Choraute »

Le chant choral peut-il avoir des effets sur le bien-être, la cognition et la participation sociale des personnes âgées? Comment la place des musiciens s’ajuste-t-elle au vieillissement de la population, si important dans le tissu social des décennies à venir?

Voici des pistes de réflexion alimentées par des expériences de bénévolat en animation d’ateliers de chant auprès de gens du très grand âge habitant en institution. Les effets observés, parfois fulgurants, de même que l’absence habituelle de rémunération pour ce type d’intervention musicale faisait ressortir des manques par rapport à la situation des musiciens professionnels et des besoins des gens très âgés en perte d’autonomie.

Des avantages significatifs sur le bien-être et la santé perçue (Skingley, Bungay 2010), comme l’importance du chant choral à l’âge de la retraite (Bouchon 2009), particulièrement auprès de non-musiciens (Baird 2008), dont la réalisation de soi et l’acceptation du vieillissement (Zanini, Leao 2006) sont pourtant déjà connus. Démontrer en plus la réduction du nombre des chutes et de médicaments (Cohen, Perlstein et al. 2006) est encore plus éloquent, du moins financièrement! Cette étude a été l’inspiration de Choraute.

Choraute s’est déroulée pendant plus de 40 semaines dans la résidence-même des participants d’une moyenne d’âge de 85 ans; son protocole de recherche inclut un groupe de comparaison en plus du groupe contrôle, totalisant trois groupes dont le premier est une chorale à quatre voix. Une équipe de recherche composée d’étudiants en musique, en gérontologie, des stagiaires en psychologie; trois temps de mesure : avant de commencer, après les deux saisons d’intervention et trois mois après la fin des interventions. Cette étude a bénéficié d’une subvention de Québec ami des aînés et ses résultats sont suffisamment prometteurs pour aller les présenter à Washington à l’événement Creativity and Aging in America qui se tiendra en mai 2015. Parmi les résultats prometteurs, on dénote une amélioration plus grande au plan cognitif et au plan de la participation sociale des participants au groupe chorale. Une recherche expérimentale qui gagnerait à se déployer à l’avenir.


Existe-t-il une « musique autiste » ?
Antoine Ouellette, compositeur

« À quarante-sept ans, en ce beau 6 novembre 2007, je viens d’apprendre que je suis fou ». Ce sont les premiers mots de mon livre Musique autiste, publié récemment aux Éditions Triptyque. À la fois essai et témoignage, l’ouvrage aborde plusieurs aspects de la création artistique chez les personnes dont la différence se situe sur le plan de la santé mentale. J’y pose cette question : Existerait-il une musique autiste qui, composée par des autistes, serait distincte de la musique neurotypique ? Si oui, où pourraient se situer les distinctions ? Dans la musique elle-même ? Dans la manière avec laquelle le musicien mène sa carrière ? Cette conférence destinée au grand public tentera de faire le point sur ces questions, et de sensibiliser au sujet de l’autisme, particulièrement quant à son potentiel artistique.