Musique du Québec

***Nouvelle conférence*** Prix du public, concours Présences de la musique 2014-2015

Serge Garant et le genre mélodique : Stylistique d’une première maturité
Paul Bazin, doctorant en musicologie

Les treize mélodies composées par Serge Garant (1929-1986) entre 1951 et 1956 laissent transparaître les étapes ayant chez lui mené à une première maturité stylistique. Certains auteurs laissent entendre que cette maturité est caractérisée par l’emploi que fait Garant du sérialisme, qui culmine pour la première fois dans le cycle des Caprices (1954). J’ai pour ma part réalisé des analyses de ces treize mélodies, analyses qui me permettent d’ancrer mes conclusions dans l’observation des stratégies compositionnelles récurrentes chez ce compositeur. Je peux de ce fait soutenir que certains des traits stylistiques caractéristiques des quatre Caprices – traits harmoniques, rythmiques, formels –commencent à apparaître dès 1951, et ce, dans des mélodies qui ne sont pas même sérielles. Ces observations faites, il m’est possible de remettre en question les bases sur lesquelles on a jusqu’à aujourd’hui jugé du style de Serge Garant, et de réhabiliter certaines œuvres au catalogue de sa maturité.


Quelques formes de l’engagement artistique dans la cantate
« Psaume pour abri » de Pierre Mercure
Paul Bazin, doctorant en musicologie

Cette conférence a pour objectif de se pencher sur une œuvre du québécois Pierre Mercure et d’en démontrer le caractère engagé. Cette cantate « radiophonique », nommée Psaume pour abri, fut commandée au compositeur par Radio-Canada à l’automne 1962, à l’intention du Grand prix de la communauté radiophonique des programmes de langue française. Contemporaine de la Guerre froide, et plus précisément du débarquement de la Baie des cochons et de la crise des missiles, à Cuba, cette cantate nous renvoie aujourd’hui l’image de l’anxiété qui peut avoir été celle de ceux qui vécurent dans l’ombre constante d’un possible désastre nucléaire. Dénonciation des multiples formes de la violence émanant des sphères politiques, Psaume pour abri – si l’on accepte de se prêter au jeu des associations – s’insère assez bien dans les mouvances de l’idéologie socialiste. Les écrits de divers penseurs et musiciens du XXème siècle se recoupent – parfois malgré eux – sur la façon dont les arts en peuvent arriver à prendre la forme de l’engagement. C’est par le truchement de l’imagination caractéristique au milieu des arts, ainsi que par le développement des modes alternatifs de la pensée qu’elle rend possible, que plusieurs y ont vu un potentiel de transfiguration des sociétés modernes. C’est sous cette forme de symptôme d’une époque et de ses idées que l’auteur souhaite ici considérer Psaume pour abri.


Découverte d’anciens manuscrits de musique
Louis Brouillette, musicologue

Depuis quelques années, plusieurs anciens manuscrits de musique ont été (re)découverts au Québec. Ces documents des XVIIIe et XIXe siècles recèlent de mystères. Comment le manuscrit d’un opéra-comique de Gluck s’est retrouvé à Montréal ? Pourquoi Beethoven a composé une œuvre à un musicien du Québec ? Qui a copié le Manuscrit d’orgue de la Cathédrale anglicane de Québec ? Pour répondre à ces questions, un fascinant travail d’enquête a dû être mené. Durant cette conférence, les récentes recherches québécoises sur les manuscrits de musique seront vulgarisées en révélant les techniques d’analyse (calligraphie, encre, filigrane, papier, rastrologie, etc.) qui ont servi à élucider certains mystères.


*** Nouvelle conférence***

Musique d’art et nordicité canadienne : de L’idée du Nord de Glenn Gould à la Musique d’hiver de Joane Hétu
Claudine Caron, musicologue spécialiste histoire de la musique du Québec et du Canada

De la même façon qu’ils ont servi de source d’inspiration aux artistes, aux cinéastes et aux écrivains, le Nord, l’hiver, le froid et l’Arctique suscitent l’intérêt de compositeurs et inspirent nombre d’œuvres musicales depuis le début du XXe siècle. Centrée sur l’imaginaire du Nord en musique avec les différents axes de représentations culturelles qui s’y rattachent, cette conférence propose d’observer l’esthétique d’œuvres de compositeurs phares. Découvrir la création musicale québécoise et canadienne dans une perspective géographiquement et culturellement spécifique en même temps que plus vaste, à travers la nordicité au sens large et la création artistique en général, constitue l’objet de la rencontre. Telle la visite d’une exposition thématique dans un musée, la présentation et l’audition d’extraits musicaux permettent de pénétrer plusieurs styles et de parcourir le travail de compositeurs de différentes générations comme James Callihou, Glenn Gould, R. Murray Schafer, Micheline Coulombe Saint-Marcoux, Walter Boudreau, Derek Charke, Elizabeth Knudson et Joane Hétu.

Cette conférence sur la musique d’art et la nordicité canadienne peut également se décliner en une série de quatre conférences sur les thèmes plus spécifiques :

  • Musique d’art et culture traditionnelle inuite;
  • Musique d’art et aurores boréales;
  • Jardins d’hiver : musique de glace et de neige;
  • Voyage musical en Arctique.

*** Nouvelle conférence***
Traces de la culture traditionnelle inuite dans la musique composée au Québec et au Canada : histoire et esthétique
Claudine Caron, musicologue spécialiste histoire de la musique du Québec et du Canada

Comme en littérature, en arts visuels et en cinéma, la musique composée au Québec et au Canada (r)appelle le Nord. Avec les Inuit Games (2005) de T. Patrick Carrabré, Take the Dog Sled (2008) d’Alexina Louie et la tournée de l’Orchestre symphonique de Montréal dans le Grand Nord, les jeux de gorge inuits – Katajjait – et leurs interprètes ont été entendus dans la salle de concert classique. Bien que ces événements viennent marquer la présence de la culture inuite sur les scènes culturelle et médiatique, l’inspiration de ses traditions – l’un des axes de représentations culturelles élaborés par Daniel Chartier pour définir l’imaginaire du Nord (2004) – et les premières réflexions sur ce sujet datent dans l’histoire de la musique des années 1920. À partir de documents d’archives, de partitions et d’enregistrements, cette conférence propose de retracer une brève histoire des emprunts à la culture traditionnelle inuite dans la musique classique, puis d’observer comment les katajjait – jeux de gorge inuits – inspirent les compositeurs. Remontant aux écrits de Léo-Pol Morin, le répertoire abordé comprend des œuvres des compositeurs Derek Charke, Michelle Boudreau, T. Patrick Carrabré et Micheline Coulombe Saint-Marcoux, notamment, de même que le travail de l’artiste Marie Côté avec ses bols sonores. En quoi la musique traditionnelle inuite devient-elle pour Morin une source d’inspiration significative dans les années 1920? Quelles sont les représentations esthétiques, culturelles et philosophiques dans les œuvres étudiées? Quelle(s) image(s) le katajjaq donne-t-il à la musique contemporaine? À l’heure des questions actuelles sur le Nord et la politique, sur l’avenir de la culture traditionnelle inuite ainsi que sur les multiples enjeux concernant l’Arctique, la thématique de l’Inuit dans les œuvres contemporaines incite à étudier celles-ci de manière plus spécifique et à comprendre les systèmes de pensée sous-jacents à la création musicale et au patrimoine culturel canadien.


 *** Nouvelle conférence***
Vie musicale et regroupements d’artistes à Montréal dans les années 1920
Claudine Caron, musicologue spécialiste histoire de la musique du Québec et du Canada

La vie musicale à Montréal durant les années 1920 correspond à une période foisonnante, tant pour la programmation des concerts que pour l’essor de la composition. De plus en plus en phase avec la création musicale européenne, les programmes donnent à entendre des œuvres récentes savamment choisies ainsi que des musiques de compositeurs d’ici tels que George MacKenzie Brewer, Claude Champagne, Alfred La Liberté, Rodolphe Mathieu et Léo-Pol Morin. Or, comment la vie musicale se dessine-t-elle à Montréal durant cette décennie? Quelle est la place de la composition d’œuvres nouvelles dans les programmes de concert présentés à l’hôtel Windsor, au Ritz-Carlton et au théâtre Saint-Denis? En quoi les regroupements d’artistes contribuent-ils au développement de la musique et de la vie culturelle en général? À partir de documents d’archives, de partitions, d’enregistrements et de tableaux, cette conférence propose de retracer un pan méconnu de la scène montréalaise des années 1920. Nous verrons qu’avec cette vie musicale qui frétille de toute part, les nouvelles œuvres et les idées sur la musique qui émergent dans la presse à la suite des concerts, des liens se tissent entre les musiciens et le grand public, mais aussi entre les musiciens, les artistes et les intellectuels montréalais qui se fréquentent au sein du Pen and Pencil Club, de l’Arts Club, de L’Arche, du Nigog, du Casoar-Club et de la Pro Musica Society. Un monde à découvrir !


 *** Nouvelle conférence***
De la musique Made in France au Canada français : Claude Debussy comme point de mire pour l’avancement des idées
Claudine Caron, musicologue spécialiste histoire de la musique du Québec et du Canada

Au Québec, de 1900 à 1940, la musique de Claude Debussy devient naturellement un sceau synonyme de musique moderne, que ce soit auprès de l’élite artistique et intellectuelle comme les membres de l’Encéphale, de l’Arche et du Casoar-Club ou des critiques musicaux et du grand public. Fondée sur un ensemble de concerts ayant contribué à façonner la vie culturelle – nous pensons à ceux offerts par Cédia et Victor Brault, Léo-Pol Morin, le Quatuor Chamberland, le Quatuor Dubois et la Société des Concerts symphoniques de Montréal, et à ceux aussi donnés par le Quatuor Kneisel et le pianiste Alfred Cortot –, cette conférence vise à comprendre les enjeux que présente la musique de Debussy au cœur des discours sur la musique dans la presse de l’époque ainsi que dans l’historiographie québécoise. Comment l’œuvre de Claude Debussy participe-t-elle à l’avancement des idées sur la musique au Québec? Telle est la question au centre de nos préoccupations pour appréhender l’histoire des idées sur la modernité musicale au Québec. 


 *** Nouvelle conférence***
Les spectacles de danse comme points de repère pour la musique de Pierre Mercure
Claudine Caron, musicologue spécialiste histoire de la musique du Québec et du Canada

Jouissant d’une réputation certaine grâce à la qualité et à l’audace qui le caractérisent, le compositeur Pierre Mercure (1927-1966) retient surtout l’attention par la Semaine internationale de musique actuelle qu’il organise à Montréal en 1961, au programme de laquelle figurent notamment les compagnies de danse de Merce Cunningham, Françoise Riopelle et James Waring, et ses réalisations extraordinaires à l’émission « L’Heure du concert » diffusée à la télévision de Radio-Canada à partir de 1954 – dont la production de Toi/Loving de R. Murray Schafer, traduction française de Gabriel Charpentier, direction de Serge Garant et chorégraphie de Françoise Riopelle en 1965. Ces événements incitent à porter une attention particulière à sa propre production de musiques de ballet, qui constitue une partie essentielle de son œuvre et se situe au cœur de ses idéaux quant à l’interdisciplinarité qui prévaut dans sa démarche de création. De ses premières œuvres pour ballet comme Dualité (1948), Lucrèce borgia (1949), La Femme archaïque (1949) et Emprise (1950) à ses œuvres de « maturité » telles que Structures métalliques I, Incandescence, Structures métalliques II et Improvisation (toutes de 1961), puis Manipulations, Tétrachromie et Surimpressions (celles-ci de 1964), cette conférence propose de retracer l’historique des événements lors desquels les œuvres de Mercure ont été diffusées. Que nous apprennent les photographies, les programmes originaux de spectacles et les coupures de presse à propos des œuvres de Mercure? En quoi ses collaborations avec des chorégraphes et des artistes de l’heure comme Jeanne Renaud, Françoise Sullivan et Françoise Riopelle participent-elles à la scène musicale et artistique d’avant-garde au Québec? Faut-il comprendre la danse moderne comme une ouverture à l’exploration d’un nouveau langage chez Mercure? La musique de danse de Pierre Mercure permet de saisir les grandes lignes de sa démarche, de ses conceptions esthétiques, et entrent en résonance avec ses idéaux pour la musique de création telle qu’il l’a pensée et présentée dans sa programmation de la Semaine internationale de musique actuelle, déterminante de son identité comme compositeur et créateur nord-américain. 


*** Nouvelle conférence***
Léo-Pol Morin en concert : carrière d’un pianiste et musicographe à Montréal et à l’international durant les années 1910 à 1940
Claudine Caron, musicologue spécialiste histoire de la musique du Québec et du Canada

Figure de proue de la musique au Québec, le pianiste et musicographe Léo-Pol Morin (1892-1941) y insuffle un ton nouveau par la singularité de sa réflexion et le répertoire qu’il donne à entendre. En concert, tant chez lui que sur la scène internationale, Morin marque toute une génération d’artistes, d’intellectuels et de littéraires en leur faisant connaître des œuvres de compositeurs de l’heure comme Claude Champagne, Claude Debussy, Abel Decaux, Louis Durey, Manuel de Falla, Rodolphe Mathieu, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Erik Satie, Karol Szymanowski et, bien sûr, Maurice Ravel, avec qui il joue au Théâtre St-Denis en 1928. La chronique des concerts de ce pianiste et l’étude des articles qu’il publie dans la presse permet enfin de le distinguer des Cormier, Dugas, Hébert, Leduc et de Roquebrune – ses camarades de L’Arche, du Casoar-Club et du Nigog, dont Morin est le cofondateur –, et de nuancer l’histoire culturelle québécoise. Qui est ce pianiste entre les scènes du Ritz Carlton et de l’auditorium Le Plateau ? Présentant un survol de la carrière de ce musicien méconnu – un monument de la vie musicale québécoise –, cette conférence est l’occasion de plonger au cœur de l’histoire culturelle d’une époque à Montréal comme en province. Au contact d’œuvres telles que Clair de lune de Debussy, présentée pour la première fois au public en 1914, et Scaramouche de Milhaud, jouée en 1939, la critique musicale tout comme l’auditoire se questionnent, certes, puis applaudissent !


Gabrielle Méthot, 1884-1968, pianiste de concert de réputation internationale
Pierre Ducharme, journaliste et conférencier

Une peinture de Suzor-Coté illustre le sujet de cette conférence. Elle fut réalisée en 1909 alors que Gabrielle Méthot, cette pianiste, qui a grandi à Arthabaska et qui a pris ses premières leçons de piano au Couvent des Dames de la Congrégation, était à parfaire son éducation musicale à Londres. Mme Méthot a donné de nombreux récitals à Londres, Paris, Vienne, Montréal et New York. Elle est la seule pianiste classique de réputation internationale que Victoriaville ait vu grandir et pourtant, peu de gens s’en souviennent. Cette conférence rappellera sa carrière et sa vie et devrait intéresser tous ceux et celles qui s’intéressent à la musique et aux artistes de notre région. Mme Méthot a endisqué en 1926 et 1927 et l’assistance pourra entendre un extrait d’une œuvre de Claude Debussy qu’elle a enregistrée.

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