Jazz

*** Nouvelle conférence – Prix du jury, concours Présences de la musique 2015-2016***

Les femmes et l’âge d’or du jazz à Montréal
Vanessa Blais-Tremblay, doctorante en musicologie

Cette communication orale porte sur l’absence des femmes dans les narratifs actuels de l’histoire du jazz montréalais. Montréal étant l’une des seules villes en Amérique du Nord où la vente d’alcool dans les lieux publics n’a jamais été totalement suspendue suite à la Prohibition, la métropole occupe une place très importante dans l’histoire du jazz de l’entre-deux-guerres. Pourtant, même le fameux Swinging in Paradise du journaliste et jazzophile John Gilmore ne fait mention que d’une seule interprète jazz, la pianiste Vera Guilaroff. Cette communication dresse un portrait plus exhaustif de la présence des femmes dans la scène jazz montréalaise de l’entre-deux-guerres en explorant brièvement le rôle des pianistes (dont Guilaroff), des enseignantes (en particulier Daisy Peterson Sweeney, la soeur d’Oscar Peterson), ainsi que de la danse sociale et théâtrale dans l’articulation d’une scène jazz à Montréal. Les archives témoignent de l’importance indubitable des femmes dans le développement de la plus importante scène jazz du Canada de la première moitié du siècle. Cette communication explore les raisons historiques qui semblent avoir poussé les femmes dans ces espaces performantiels précis (le piano, l’enseignement, la danse), ainsi que celles historiographiques qui les ont exclues jusqu’à aujourd’hui de notre histoire.


Le milieu du jazz à Saint-Germain-des-Prés de 1945 à 1960 : Mythes et réalité
Éric Dussault, historien et conférencier

Selon le pianiste de jazz français Martial Solal, « Saint-Germain-des-Prés était un quartier en pleine effervescence. Mais, curieusement, les musiciens ne participaient pas à sa légende. Pour la presse, seuls comptaient les intellectuels, les chanteurs de variétés ou les comédiens ». Cette conférence vise donc à accorder au jazz et au milieu du jazz de Saint-Germain-des-Prés l’importance qu’ils méritent dans l’histoire réelle du quartier. Toutefois, il ne faut pas surévaluer la popularité du jazz auprès des clients qui fréquentaient les caves dites « existentialistes ». D’autres formes de musique avaient souvent davantage leur faveur, comme la rumba et le tango. À Saint-Germain-des-Prés, le jazz de style Nouvelle-Orléans était beaucoup plus populaire que le jazz moderne. Cela a eu pour conséquence de limiter les possibilités professionnelles des musiciens qui interprétaient un répertoire contemporain. Par ailleurs, entre musiciens la rivalité était grande pour trouver du travail, puisqu’il se faisait rare à la fin des années 1940. Les musiciens amateurs ont souvent coupé l’herbe sous le pied aux musiciens professionnels qui les accusaient d’accepter des tarifs trop bas pour leurs services. Les musiciens professionnels estimaient par ailleurs qu’ils étaient victimes de la concurrence déloyale des musiciens afro-américains qui vivaient ou qui étaient de passage en France.

Offre sujette à changement.